Celui qui a le cœur qui bat, vit-il vraiment ?
Je n’ai pas écrit depuis 2 mois ! Le temps me glisse entre les doigts. L’insaisissable.
Et puisque je n’ai pas le temps de m’ennuyer, j’ai décidé que j’allais m’embarquer dans un nouveau projet.. dont les contours sont en train de se dessiner petit à petit.
Si pour l’instant tout est flou et que personne n’y comprend rien, sachez que j’entretiens naturellement la confusion à tous les sujets. À la fin, tout est lié. Enfin, j’espère. Aujourd’hui, je partage donc un texte que j’ai rédigé pour un projet perso / pro que j’ai depuis toujours…
Celui qui a le cœur qui bat, vit-il vraiment ?
Si le cœur palpite sans but, il ne fait que subir le poids d’une existence vide de sens. Vivre, la vraie vie, commence là où on refuse de n’être qu’un Homme parmi les Hommes.
L’aventure de la vie m’a appelée très fort et très tôt. Bercée par Crocodile Dundee et Jumanji, j’ai inconsciemment développé ma soif de découvrir le monde.
Toute petite, mon père m’amenait au jardin avec lui. Mon obsession de la quête de sens et des voyages, a sans le savoir commencé dans son potager. Il plantait les graines pendant que j’arrosais et m’expliquait qu’avec de la patience, on verrait germer tomates, radis et salades avant de les manger. À 5 ou 6 ans, il n’y a rien de plus fascinant que de mettre les mains dans la terre ! Observer les limaces, les vers de terre, les araignées.
Sans le savoir, mon père était déjà engagé. Faire pousser ses propres légumes, entretenir un jardin. Vivre au rythme des saisons. Aujourd’hui, c’est un acte de résistance.
Amoureux de la nature, il m’a appris à la regarder, l’aimer profondément et surtout à la respecter.
J’ai 23 ans quand je décide de partir vivre ma première grande aventure solo. Direction l’Australie. On ne me décrit pas comme celle qui a l’étincelle de vie. On me décrit plutôt comme celle qui est animée par un feu dévorant. Sur terre, et un peu sur mer, j’ai découvert un nouveau monde. Celui qui me faisait rêver depuis que j’étais gamine.
Mon goût pour le beau s’est alors développé à travers l’écriture et la photo. A l’époque, nous n’avions que Facebook et les blogs. Notre rapport aux voyages et à l’aventure était différent. On ne vivait pas à travers le regard des autres, on ne cherchait pas encore à voir et faire comme tout le monde. On vivait nos propres expériences, guidés par les envies et les rencontres.
Pour savoir qui je suis, il faut lire qui j’étais.
Extrait de mon blog :
14 décembre 2012
Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, j’ai à présent la tête penchée au-dessus des herbes sèches du bush australien, je suis en train de vomir mes tripes…
Que m’arrive t-il ? Il est 22h, il fait 31 degrés et la pleine lune illumine l’endroit comme en plein jour. Je suis seule, et ce n’est pas la solitude qui me met dans cet état. Je suis en train de réaliser que c’est ma dernière nuit de road trip et tout cela me rend tout simplement malade.
D’une certaine façon, j’ai connu la liberté, la vraie. Et je connais peu de personne autour de moi, qui ait su se l’offrir. Vous pouvez me croire, ma réaction n’était pas disproportionnée. Ce soir-là, je me suis sentie tel l’accusé qui se voyait privé de toutes ses libertés et condamné à perpétuité.
Si ce n’était pas totalement la liberté, puisque j’étais soumise et donc contrainte de surveiller mon compte en banque… je l’ai tout de même touché du bout des doigts.
Ces dernières semaines de road trip je les ai vécues comme si rien ne pouvait plus m’atteindre, qu’en effet je n’avais qu’une vie et qu’après tout, qu’importe les risques que je pouvais prendre, une expérience comme celle-ci ne pouvait pas se vivre qu’à moitié.
25 mai 2013.
Comment vous décrire le sentiment de vouloir se sentir vivre ? De se sentir en vie ? De se sentir vivant ? … Obsédant, ce sentiment vous empêche de dormir ou bien même de penser à autre chose… Il vous dévore de l’intérieur.
18 avril 2013.
Oui, la vie est une aventure ! Et cette année en Australie m’a fait comprendre une chose capitale. Le plus important, à mes yeux, c’est d’être capable de donner continuellement un sens à sa vie, malgré les années qui passent ou le regard que portent les gens sur vos choix. Qu’importe si cela vous oblige à vous remettre en question, à bouleverser vos vies. Qu’importe si vous avez peur, si vous allez au-delà, si vous êtes capables de vous écouter et surtout si vous y croyez, alors peut-être découvrirez-vous que tout est possible.
Parfois, j’oublie à quel point ce feu me brûlait.
Avec le temps, j’ai surtout appris à le maîtriser. Aujourd’hui, je ne veux plus seulement voyager. J’ai besoin de donner du sens à mon travail et d’inclure ceux qui naviguent à contre-courant. La séditieuse est née du cri du cœur. De celui qui ne bat pas mais qui tambourine !
Avec l’âge, j’ai développé mes compétences dans la photo et la vidéo et j’ai naturellement pris la voie de l’entreprenariat et propose mes services dans la stratégie de com.. 5 ans à mon compte, et je crois qu’à l’aube de mes 40 ans, il semblerait que la flamme soit ravivée.
La séditieuse, c’est le projet de lancer un média alternatif à Bordeaux. L’idée est de mettre en avant celles et ceux qui, tout comme moi, sont animés par une profonde quête de sens. Dans un monde qui regarde de plus en plus loin, j’ai envie de regarder plus près, ceux qui font de grandes choses dans l’ombre. Ma caméra pour moyen d’expression.
Boucler la boucle.
La vie a cette capacité incroyable à connecter les gens animés par le même feu. Dans ce projet, j’ai naturellement tissé des liens avec des gens qui me ressemblent de par leurs engagements et de par leur volonté d’être alignés à une vie qui a du sens.
Je tire doucement sur un fil invisible qui m’a d’abord connectée à Tanguy Lavial, Chef du restaurant Ressources à Bordeaux et qui vient d’obtenir son étoile verte au Michelin. Puis à Greg, son associé. Un pirate, qui m’a encouragée à lire Libertalia. Tous deux sont à l’origine de l’association l’Assiette, qui vise à éduquer au vivant, du champ à l’assiette. C’est lors d’un de ces évènements que j’ai rencontré Anne Sarah, DA de Renom, qui en plus de partager les mêmes valeurs, porte un projet de création contemporaine à bord du voilier et Alexandre, son compagnon, animé par de fortes convictions environnementales et qui se bat lui aussi pour faire les choses différemment en acheminant ses vins sur le Barbaranova.
Le Barbaranova, dernière étape de ce récit.
Mes images m’ont mené à ces personnes et à la coopérative, parce que je raconte les émotions. Le projet s’inscrit dans cette volonté de mettre en avant tout cet écosystème. J’aimerais documenter le projet d’art contemporain “Fluides” d’Anne-Sarah, Vivre l’acheminement des vins de Marseille à Naples à bord du Barbaranova, aux côtés d’Alexandre et de l’équipage. Et puis il y a vous, Bourlingue et pacotille ! Transporteur de marchandises qui utilise le vent pour seul moteur. nouveau maillon de la chaîne.
Je le disais plus haut. J’ai envie de regarder plus près, ceux qui font de grandes choses dans l’ombre. J’écris ces lignes, sans savoir dans quoi je m’embarque vraiment. Et si je vais littéralement embarquer !
Et même si j’ai peur, parce que mon expérience sur un voilier se rapporte à quelques épisodes en Australie, une chose est sûre : c’est à bord de ce voilier que la Séditieuse veut prendre le large.
Laisser un commentaire