Le pacte de sincérité
Écrire quand on est Heidi en vacances, c’est facile. Écrire quand on ramasse les morceaux de sa trentaine, c’est une autre chose. Aborder la question du détonateur de la crise de sens me paraissait le point de départ logique de ce blog. Mais rapidement, je me suis demandée jusqu’où je saurais me montrer vulnérable ?
J’ai lancé ce blog sur un coup de tête
J’ai toujours aimé écrire. En réalité, j’aimais surtout écrire en voyage. Dans ces moments de vie où je suis complètement alignée et reconnaissante des expériences que la vie m’offre. C’est précisément à ce moment là que la petite voix dans ma tête s’amuse à narrer émotions et sentiments positifs que je prends plaisir à partager (clin d’oeil à cette version de moi qui insupporte Charlotte et qui me vaut la comparaison à Heidi) C’est agréable et léger. Loin du chaos émotionnel. C’est facile. Mais écrire, sur le quotidien d’une trentenaire passée par la case du burn out… Ça m’a moi-même saoulé d’avance.
Le sujet, est maintes et maintes fois abordé. Contribuer à alimenter le moulin de la question du « bien-être », truffé de gens biens pensants convaincus qu’ils ont trouvé des réponses à leurs questions à travers leurs expériences. Puis, de l’ériger en vérité universelle. Putain quel enfer. Non merci. Je n’ai jamais voulu embrigader qui que ce soit dans un truc insipide et ennuyant. Sûrement par peur. Et le pire ? C’est que j’ai la flemme de l’effet miroir, du « moi aussi’ ». J’ai juste envie de m’auto-centrer sur mon délire. But here we are ! Est-ce que j’ai dit que j’aimais la contradiction ?
Bref, je prends le risque d’être cringe
J’ai envie d’écrire, je lance ce blog et hier soir je me suis demandée si finalement cette question de vulnérabilité n’était tout simplement pas liée à l’image que je peux renvoyer. Bien évidemment, il ne faut pas réfléchir de longues heures pour comprendre que c’est en grande partie la raison pour laquelle j’ai attendu aussi longtemps avant de reprendre la plume. Mais pas que. Il faut suffisamment d’espace mental pour pouvoir partager tout ça.
Alors pourquoi maintenant ? Parce que j’ai enfin retrouvé un peu de capacité de stockage et suffisamment de légèreté. L’espace mental nécessaire pour trier le chaos sans tomber dans l’étalage de sentiments gratuits.
Et l’authenticité et la sincérité dans tout ça ? Me livrer, sans tabou, telle que je suis, est-ce que j’en suis vraiment capable ? Je ne promets rien, mais je vais essayer.
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