TRANQUILITÉ PROFONDE DE L’ÂME
C’est drôle, j’ai fêté mon anniversaire vendredi soir dernier et il y a une phrase qui résonne encore dans ma tête : « toi, t’es pas stable ». Ça m’a piqué, alors que ça ne devrait pas.



Une fois encore, qu’est-ce que ça veut dire stable ? Émotionnellement ? Matérialistiquement parlant ? Évidemment, ce serait mal me connaître de croire que j’allais me cantonner à une analyse superficielle de cette phrase. Pas si anodine. Je l’ai relevé pour plusieurs raisons. D’abord, ça me renvoie directement à mon égo, devant mon crush en plus ! Ça m’a touché, parce que j’aime l’idée de renvoyer une image lisse et polie. Forcément, la stabilité entre dans le combo de la meuf parfaite. J’ignore d’où me vient cette obsession de la perfection, alors que je suis pleine d’aspérités et que c’est ce qui fait aussi mon charme.
Si je devais creuser la question, je pense que j’ai juste peur de me montrer vulnérable. Qu’on interprète mon hypersensibilité pour de la faiblesse. L’injonction de la femme forte m’a souvent dépassé. D’où cette injonction vient-elle ?
Est-ce que la société joue un rôle dans ce besoin de renvoyer une image lisse et polie ? Assurément. Est-ce que cette phrase a été prononcée par un homme ? Évidemment.
Est-ce que tout ça est lié ? Peut-être bien.
Et c’est précisément là que le sujet devient intéressant.
Parce que dans la société dans laquelle nous vivons, la femme doit être un modèle de stabilité pour l’homme. Elle doit être forte, être le soutien indéfectible. Elle doit assumer la charge mentale. Elle est toujours, quelque part, le faire-valoir. « Regardez ma femme. C’est un modèle et j’en suis fier. » C’est un raccourci, c’est vrai. Et sans vouloir spoiler personne, si vous pensez que les choses ont radicalement changé, ce n’est pas encore ça.
Pas chez les millenials en tous cas. Le sujet peut porter à débat, et je ne m’érige pas comme un modèle de vérité. En revanche, j’ai la chance d’entendre les ressentis de chacun, sans jugement. Je crois qu’il y a beaucoup de choses à remettre en question, en particulier du côté du sexe masculin. Simple constat.
Pousser la réflexion au delà des croyances de chacun.
Tout ça me donne envie de faire des études poussées sur le sujet. Je n’ai pas envie de limiter mes pseudos analyses à la somme de mes biais cognitifs et de mes propres croyances transmises. On reparlera de cette idée de pousser tout ça un peu plus loin que le partage d’un simple retour d’expériences. Je parlais du PROJET R, comme d’un projet de résistance face à l’IA générative, aux algos et à l’envie de proposer une alternative de slow content. De raw content. J’ai envie d’aller plus loin encore avec de la data storytelling, notamment en utilisant RStudio.
Il s’agit d’un langage de programmation utilisé pour le traitement de données et l’analyse statistique. Si je dois avancer des idées et pousser la réflexion un peu plus loin, il me semble assez juste d’être fidèle à la « réalité ». Tant qu’à se poser toutes ces questions, autant faire en sorte qu’elles soient collectives et sensées. C’est ma façon de mettre de l’ordre entre expériences, émotions et réalité.
Pourquoi l’ataraxie ?
Et c’est là que nous rentrons dans le vif du sujet ! Oui, l’ataraxie. Quézaco ? Je suis obligée de développer un peu la définition du terme pour qu’on puisse bien comprendre où je veux en venir ! J’ai fait quelques recherches. Je ne vais pas reformuler avec mes mots, n’exagérons rien. Voici ce qu’il faut retenir :
« Dans la philosophie antique, ce concept occupe une place centrale dans les écoles épicurienne, stoïcienne et sceptique, chacune l’interprétant différemment. Ce petit mot désigne l’impassibilité d’une âme devenue maîtresse d’elle-même. Pour l’épicurisme, l’ataraxie s’acquiert en sachant se modérer dans la recherche des plaisirs. Pour les sceptiques l’ataraxie aurait résulté de l’impossibilité de se prononcer sur la réalité. Chez les stoïciens, l’ataraxie correspond à une imperturbabilité de l’âme, obtenue par la maîtrise des passions.«
Ce serait un énorme mensonge de dire que je suis totalement alignée et que j’ai une tranquillité d’esprit qui défie toute concurrence. Je suis sujette à l’anxiété. Oser prétendre que je suis totalement chill ce serait un manque d’honnêteté flagrant. Mais récemment, les lignes ont bougé.
Voilà le paradoxe. Ce « toi, t’es pas stable » m’a piquée parce que ça visait mon ego, pas ma réalité.
Ça fait des années qu’on m’appelle l’électron libre. Derrière, ce titre réducteur, s’est toujours caché la fausse croyance que je ne savais pas faire preuve de stabilité. J’ai toujours emprunté des chemins qui faisaient peur à la majorité des personnes qui m’entourent. La peur. Cette phrase ne parlait pas de moi. Elle parlait d’une peur. Et je suis sûre d’une chose, elle ne m’appartient pas.
Assumer mon indépendance, voyager seule, n’avoir jamais signé de CDI, travailler à mon compte, ne pas faire d’enfant pour faire des enfants. Chercher à vivre l’expérience à 2 plutôt que de cocher la case à tout prix. Ne pas se soumettre au temps qui passe. Est-ce que cela fait de moi quelqu’un d’instable ? C’est bête, mais je l’ai longtemps cru.
Plus je vieillis, et plus je suis en paix avec mes choix et avec la vie que je mène. J’ai choisi de voir le monde, de le visiter de le vivre. Je choisis de rester célibataire, non pas parce que je n’ai pas envie d’une vie de couple. Pas du tout. Mais parce que je n’ai pas envie de faire semblant. D’accepter le minimum, juste pour faire comme tout le monde. Je n’ai jamais attendu sur qui que ce soit. Je n’ai jamais voulu regarder l’heure, et attendre que l’opportunité se présente. J’ai choisi de vivre sans chercher à rassurer les autres.
la liberté est perçue comme une instabilité par ceux qui ont peur.
C’est ça l’ataraxie.
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